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QUI A VU LE LOUP ? Genèse et déconstruction d’une représentation

Projet de recherche (2016-2019)

Présentation

Le projet Qui a vu le loup ? se propose de faire un inventaire (genèse) et une analyse (déconstruction) des différents types de représenta-tion qui se substituent à une expérience immédiate du loup, concourent à en produire une image suffisamment précise et en apparence fidèle pour que le défaut de perception directe soit surmonté.

 

Nous concentrerons notre étude sur la période contemporaine et sur l’aire géographique du Valais. Il s’agira dans un premier temps de collecter des informations (textes, images, entretiens) permettant de comprendre comment s’élabore des représentations issues de différentes approches du loup : 1) scientifique et technique (traces, empreintes, pièges photographiques, analyses ADN) ; 2) économique et politique (programmes et règlements liés à protection des troupeaux et la gestion de l’espace) ; 3) écologique (écosystème, cohabitation harmonieuse des espèces ) ; 4) journalistique (presse écrite, télévision, internet) ; 5) muséale (conservation et mise en scène du loup, qu’il s’agisse de loup empaillé, à l’exemple du musée de la nature, ou de loup vivant, à l’exemple du zoo des Marécottes) ; 6) savoir expérientiel (recueil des témoignages du berger et du paysan).

 

Dans un deuxième temps, il s’agira d’étudier le contexte de leur production et de comprendre comment ces différents systèmes de représentation se lient et se légitiment les uns les autres, comment ils discriminent, organisent et hiérarchisent les données, comment enfin ils assurent la prolifération d’une image cohérente ou problématique, claire ou contrastée, évidente ou brouillée. Pour ce faire, les méthode de l’étalement et de la mise en relation spatiale des différents documents (sur le mode de l’Atlas Mnémosyne d’Aby Warburg), puis de l’installation artistique seront privilégiés

 

Les éléments collectés seront dans un troisième temps présentés aux différents acteurs et protagonistes, de manière à susciter un débat. Le format de l’exposition et celui du colloque seront étroitement associés, le processus de déconstruction des différentes représentations du loup demandant à être vu (observé) autant que pensé (réfléchi). Une publication réunissant une sélection du matériel iconographique et textuel de la recherche sera éditée, de manière à diffuser et valoriser les résultats.

 

Objectifs

 

Ce projet a comme objectif principal d’étudier par des moyens artistiques-installatifs les différents modes de représentation contemporains du loup sauvage, d’interroger les conditions de leur production et, par répercussion, les impensés ou implicites qui structurent-préforment la vision de ceux qui en sont les acteurs.

 

Ce projet entend par ailleurs tester la validité d’une méthodologie de recherche artistique à l’intérieur d’un champ où se croisent les approches, les procédures et les dispositifs d’analyse de plusieurs disciplines.

 

Résultats

 

1) Exposition-débat publique avec tous les protagonistes et des représentants de tous les domaines concernés

2) Publication d’un livre original

3) Documentation de toutes les étapes du projet et mise à disposition du matériel collectionné sur un site dédié

 

Equipe de recherche

 

Luzia Hürzeler, cheffe de projet / Alain Antille Robert Ireland, Véronique Mauron, Alain Antille, collaborateurs scientifiques / Lucie Schaeren, assistante

 

Intervenants

Kader Attia, artiste (F) / Eric Baratay, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Jean Moulin, Lyon 3 / Yvon Crettenand, biologiste en charge du monitoring du loup au Service de la chasse, de la pêche et de la faune du canton du Valais /  Céline Eidenbenz, professeur à l’Université de Genève et directrice du Musée d’art du Valais / Heike Fuhlbrügge, historienne de l’art moderne et contemporain, curatrice et chercheuse (D) / Luca Fumagalli, biologiste, directeur du Laboratoire de Biologie de la Conservation de l’Université de Lausanne / Nicolas Kramar, directeur du Musée de la nature du Valais / Philippe Sormani, directeur scientifique de l’Institut suisse de Rome

 

Partenaires

 

HES-SO, Institut suisse de Rome, Laboratoire de Biologie de la Conservation de l’Université de Lausanne, Musée de la nature du Valais, Musée d’art du Valais, Centre artistique et culturel La Ferme-Asile, Canton du Valais